Notre rencontre franco-allemande à Neustadt an der Weinstraße

Nos élèves germanistes de 3ème ont participé à une rencontre franco-allemande à Neustadt an der Weinstraße, en Allemagne.
Après deux ans de correspondance avec une classe allemande, ils ont enfin pu se rencontrer. Ce séjour a été organisé par leur professeure, Mme Blanchet, et cette rencontre est encouragée et soutenue financièrement par l’OFAJ (office franco-allemand pour la jeunesse) qui nous permet chaque année grâce à leur aide d’organiser les projets franco-allemands.

Mis à jour le lundi 4 mai 2026

Du 23 au 27 mars 2026, nous avons participé à une rencontre franco-allemande à Neustadt an der Weinstraße, en Allemagne. C’était un moment très important pour nous, car nous avons enfin pu rencontrer en vrai la classe allemande avec laquelle nous échangeons des lettres depuis deux ans.

Nous étions tous logés dans la même auberge de jeunesse, ce qui nous a permis de passer beaucoup de temps ensemble. Au début, certains étaient un peu timides, mais grâce aux activités ludiques, linguistiques et culturelles, nous avons vite appris à nous connaître. Nous avons parlé en français, en allemand, parfois en anglais aussi, et surtout nous avons beaucoup ri. C’était très différent de l’échange par lettres, et beaucoup plus fort.

Le thème principal de cette rencontre était la frontière. Pour mieux comprendre ce sujet, nous sommes allés à Wissembourg, une ville située près de la frontière entre la France et l’Allemagne. Dans la ville, nous avons vu des choses très concrètes : des panneaux avec les noms des deux pays dans les deux langues, mais aussi des changements dans les règles du code de la route. Cela montrait clairement qu’on passait d’un pays à l’autre.

Mais ce qui nous a le plus surpris, c’est que dans la nature, la frontière était presque invisible. Dans les vignes, elle était simplement marquée par une petite pierre. Sans explication, on n’aurait presque pas remarqué qu’on changeait de pays. Cela nous a fait réfléchir : parfois, les frontières sont très visibles, et parfois elles existent surtout dans l’histoire, dans la politique ou dans les têtes.

Ensuite, nous avons interviewé des personnes transfrontalières. Beaucoup traversaient la frontière surtout pour faire leurs courses. La plupart étaient bilingues. Souvent, les Français que nous avons rencontrés en Allemagne étaient des Alsaciens qui parlaient allemand, et en France, certaines personnes allemandes étaient accueillies ou aidées par des Alsaciens germanophones.

Un point nous a particulièrement étonnés : pendant l’interview de lycéens français, nous avons remarqué que certains jeunes vivant près de la frontière n’apprennent pas forcément l’allemand à l’école. Certains préfèrent choisir l’espagnol, parce qu’ils pensent que c’est plus facile. Pourtant, pour nous, l’allemand semble plus utile quand on habite si près de l’Allemagne.

Nous avons aussi visité des lieux historiques pour mieux comprendre l’histoire de la région. Nous avons appris que cette région a connu trois périodes d’occupation ou de gestion administrative française : sous Napoléon, après la Première Guerre mondiale et après la Seconde Guerre mondiale.

En général, ces occupations ont été mal vécues par la population locale. Mais la période napoléonienne a été un peu différente. À cette époque, le Palatinat faisait partie du département du Mont-Tonnerre. Les habitants ont découvert le Code civil, plus d’égalité et un certain esprit de liberté. C’est aussi ce qui a contribué à la Fête de Hambach, que nous avons découverte pendant le séjour. Ce lieu est considéré comme un symbole de la démocratie, de l’unité allemande et même comme un précurseur de l’idée européenne.

En revanche, nous avons aussi compris que l’histoire de la frontière a parfois provoqué des tensions très graves. Après le traité de Versailles en 1919, l’occupation a créé beaucoup de rancœur dans la région. Ce sentiment a ensuite aidé à développer l’idéologie national-socialiste.

La visite du mémorial du camp SS de Neustadt, installé dans une ancienne caserne française, nous a beaucoup marqués. C’était une visite forte et émouvante. Elle nous a montré que les humiliations, la haine et la domination entre pays peuvent avoir des conséquences terribles.

Pour finir, cette rencontre nous a appris beaucoup de choses. Nous avons mieux compris ce qu’est une frontière, nous avons découvert l’histoire de la région, nous avons progressé en allemand et surtout nous avons créé de vrais liens avec nos correspondants.

Nous retenons surtout une idée importante : il faut construire un espace commun où chacun respecte l’autre, apprend de l’autre et garde le meilleur de sa culture. La coopération entre la France et l’Allemagne est essentielle, mais elle doit toujours se faire dans le respect mutuel, sans que l’un domine l’autre.

Ce séjour restera pour nous une expérience très enrichissante, à la fois humaine, culturelle, historique et linguistique.

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